Journal du Textile N° et date de parution : 1855- 09/01/2006
Janvier 2006 Diffusion: 17700
Périodicité: Hebdomadaire
Pag : 34
Le Journal du Text_1815_34_327.pdf Taille: 90%
Des marques éthiques se retrouvent à Faireplace
La plate-forme regroupe des bureaux, des show-rooms et un entrepôt.
Avec l’ouverture à Saint-Denis de la première plate-forme française, d’importateurs solidaires Fairplace, les marques éthiques se voient proposer désormais une adresse commune pour accueillir leur clients-détaillants, acheteurs de comités d’entreprise ou de collectivités, en quête de meuble, objets de textiles de maison ,de vêtements et d’accessoires de mode issus du commerce équitable . Avec 500 mètres carrés de locaux tertiaires, occupés par 8 premiers locataires et un entrepôt de 1.000 mètres carrés, ce nouvel espace pourrait encore, à l’avenir, doubler ses surfaces de bureaux et de show-rooms.
L’initiative en revient à l’association Sos qui existe depuis vingt ans et a pour objectif de lutter contre l’exclusion : celle-ci a crée le groupe Alterna Développement, au sein du quel sont nées les entreprises d’insertion Alter Mundi (boutiques de meubles et textiles pour la maison), puis la compagnie du commerce équitable qui intervient comme grossiste. Cette dernière occupe 2 show-rooms à Faireplace et en assure la gestion.
« De l’accueil aux tâches d’entretien, des services de bureautique aux prestations logistiques d’entreposage, à la réception des marchandises et à la préparation des livraisons, nous proposons à nos locataires à la carte et du personnels en emploi d’insertion pour assurer certaines fonctions », expliquent les responsables de la plate-forme, Fréderic Bailly et Nicolas Messio. Fairplace joue un rôle de carrefour pour les « jeunes pousses » qui s’épanouissent sur le marché éthique. Y cohabitent les marques de vêtements Ethos, Machja et Tudo Bom ainsi que les bureaux françaises de suisse Switcher et les bijoux Jeriloa : un voisinage favorisant les échanges d’information entre équipes et l’accès aux même public de visiteurs.
A raison de 30€ de loyer mensuel par mètre carré pour les bureaux et les show-rooms et de 15€ par mètre carré d’entrepôts, les équipes, sans se ruiner pourront augmenter leurs surfaces au fur et à mesure de leur propre croissance grâce à la modularité des locaux. « Faute d’un tel lieu, nous aurions dû louer nos bureaux au prix fort ou rejoindre l’un des onéreux centre d’affaires parisiens, remarque Catherine Sound fondatrice de Machja. Mais au-delà de l’aspect financier, notre installation à Fairplace nous permet de bénéficier de nouveaux contacts grâce aux visites qui y sont organisées. » Cet effet de réseau peut faciliter les synergies ; présent dans l’habillement mais côtoyant les firmes de textile d’intérieur, Ethos, à son tour devrait lancer ses propres gammes de linge de lit et de toilette dès 2006 tandis que Tudo Bom complète déjà sa propre collection d’articles en maille par des tenues dédiées, réalisées pour des mouvements associatifs ou des événements comme les salons.
Confiant sa production d’article en maille à la coopérative indienne Assisi, ce qui nécessite des commandes de 3000 pièces pour alimenter son plan de charge, Machja compte aussi sur ce nouveau pôle pour conforter son rôle fédérateur ajoutant déjà à ses propres commandes les petites quantités de jeunes créateurs. « Nous avons aussi l’intention de renforcer notre linge d’habillement en tissu chaîne-et-trame par le lancement d’un jean labellisé Max Havelaar en coton malien tissé par le spécialiste français du vêtement de protection Tdv et confectionné en Tunisie », ajoute la fondatrice de cette marque.
En entrant à Fairplace, ces microfirmes accèdent en quelque sorte à l’âge de raison et améliore une visibilité qui leur fait souvent défaut au sein des Salons Généralistes comme Ethic Expo et Marjolaine ou à la manifestation Ethical Fashion Show. S’offrant leur propre vitrine, dans un lieu pérenne, calme et propice au climat d’affaires, elles comptent y renforcer leur crédibilité. Aux commandes des ces sociétés, on trouve souvent des diplômés d’école de commerce et transfuges de grands groupes tels Essilor, l’Oréal ou Danone qui veulent se démarquer de l’image « folklorique » qu’on leur attribue encore. En outre, l’intervention de Alexandra Coiffe, fondatrice d’Althéane a aboutit à l’invention de ces pionnières du commerce équitable au prochain Salon prêt à porter Paris, qui leur réserve une espace « éthique ».
CLAUDINE MEYER.